Encore plus fort que la monnaie unique !

Publié par le mai 12, 2011 dans Innovation - Lenteur | 2 commentaires

Il y a quelques jours, une nouvelle monnaie éco-responsable était lancée à Toulouse, la Sol violette. On connait le principe de ces nouveaux instruments d’échanges, éthiques et non capitalisables, qui sont désormais acceptés par les commerçants locaux ou les administrations. Pour faciliter les transactions on imprime des sortes de billets en Sol (ou en Watt, en Bogue, etc. cela varie selon les régions) de différentes valeurs. Toujours des billets…

Si on supprimait purement et simplement l’argent liquide ? Je parle des euros ! Plus de billet, ni d’espèce. En lieu et place, se développerait un système complémentaire à la carte Bleue, du genre Monéo ou paiement par téléphone pour ne parler que des moyens actuels de micro-paiement.

En effet, la technologie est déjà au point et une dizaine d’établissements de paiements (EP) agréés en France ont le droit de proposer des solutions innovantes à nos besoins quotidiens. Mais qu’en pense notre législateur ? D’une part, fini la fraude fiscale et le travail au noir, mais de l’autre terminé les enveloppes pour financer les partis politiques. Imaginez : on ne pourrait plus acheter ou vendre un gramme de stupéfiant ou de cuivre sans laisser une trace bancaire. Comment continuer à dealer ou écouler des objets volés sans pouvoir régler en espèces ?

En cherchant un peu sur le Net, j’ai découvert que le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise avait émis 7 idées pour révolutionner la France, en juin 2008, dont la suppression de la monnaie dite fiduciaire « pour lutter contre le fléau de la drogue et de la corruption qui alimentent nombre de guerres et d’injustices sur la planète », en expliquant que les billets en circulation ont « une utilisation de plus en plus souvent frauduleuse qui permet le développement d’économies souterraines, parallèles ou occultes. »

Si chaque centime était numérisé et nominatif, faudrait-il y voir une atteinte aux libertés individuelles ? A ce compte-là, supprimons la carte Bleue et les chéquiers. Les convoyeurs de fonds perdraient leur boulot, à coup sûr, mais des milliers de commerçants et de guichetiers de banque souffleraient un bon coup !

Nous avons été les précurseurs de la carte à puce, la France a suffisamment gagné en crédibilité sur le marché de la monétique pour prendre le leadership des moyens alternatifs vers la suppression des espèces. Enfin, éventuellement.

Photo Flickr de Public Domain Photo

Quand la créativité descend dans la rue

Publié par le mai 7, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Les multinationales multimédiatisées du Charity Business ne font pas partie du même monde que les cohortes de nécessiteux qui font l’aumône dans la rue, ces auto-entrepreneurs du malheur, qui doivent pourtant eux aussi vous émouvoir ou vous séduire pour gagner une pièce. Il le faut d’autant que, et ce mot résonne tragiquement, la concurrence est rude.

Mais beaucoup sont trop accablés ou trop gênés pour oser interpeller le passant, alors ils se tiennent prostrés dans un coin et s’en remettent à la Providence. Qui les voit, alors ?

Une nuit de février 2007, Joël Catherin (sur la photo), avocat parisien, remarque une veille femme assise sur un  trottoir du quartier de la Madeleine. Pour l’aider, il lui vient une idée formidable. Il griffonne une phrase au feutre noir sur un morceau de carton : « Je pourrais être votre grand-mère ». Ces quelques mots touchent le coeur des passants. D’autres SDF le remarquent et demandent à Joël un écriteau pour eux-mêmes. Alors, fier de devenir aussi l’avocat des pauvres, il multiplie les formules qui font mouche : « Parti de rien, arrivé nulle part », « 1€, Yes you can », « Une histoire à coucher dehors »… Joël a déjà réalisé deux cents pancartes et vous pouvez lui proposer vos textes sur une page Facebook (source : Rue89).

Encore un mot  à propos de générosité. Chacun sait que l’imagination n’a pas de limite, mais la bonté humaine peut également nous emmener loin : en Corée du sud, une association d’anciennes  « femmes de réconfort » vient d’adresser 35.000€ aux victimes du séisme nippon, somme réunie par un appel aux dons.
Ses femmes avaient été obligées de se prostituer dans les maisons closes de l’armée impériale du Japon, pendant la seconde guerre mondiale. Sa présidente, Gil Won-ok, 84 ans, a été contrainte à l’âge de 13 ans de satisfaire chaque jour des dizaines de soldats, constamment battue et malade. Il a fallu attendre les années 90 pour que les survivantes osent raconter leur calvaire et se regroupent en comité de défense. A ce jour, elles n’ont reçu ni excuse, ni d’indemnité de la part Tokyo. Rien. Pas même une réponse à leurs revendications (source : la Croix du 26 avril 2011).

Crédit photo : Audrey Cerdan / Rue89

Plus de service, moins de servitude

Publié par le mai 4, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Un café et l’addition, s’il vous plait ! Cette interjection bien familière va-t-elle prochainement tomber en désuétude ?

Dans certains restaurants des Etats-Unis, on trouve déjà des cartes électroniques, dont l’écran tactile permet de s’informer, de commander et de payer. Au lieu d’ennuyer, forcément ennuyer, un serveur avec vos questions, vous pouvez visualisez tel ou tel plat, lister ses ingrédients (les allergies sont innombrables), visionner sa confection en cuisine, bref on peut tout imaginer…

Le produit de la start-up nommée « E la carte » propose des fonctions astucieuses comme ajouter ou enlever certains ingrédients en cochant des cases, prévoir le temps d’attente, diviser l’addition ou encore patienter avec une série de jeux. Un concept qui devrait plaire à une époque où les gens me semblent de plus en plus nerveux, impatients et compliqués.

J’espère qu’un fournisseur va penser au questionnaire de satisfaction ! Juste trois thèmes : j’aime, j’aime pas, je suggère. Etude de marché en situation réelle et gratuite. Combien de restaurants l’ont instauré, même sur un bout de papier ?

Quant à moi, au restaurant, je rêve de pouvoir gérer mon temps. Parfois, on est pressé, parfois on a envie de retenir l’horloge, notamment pour converser lors d’un dîner. C’est crispant ces endroits où le serveur déboule avec les plats à peine avez-vous terminé l’entrée. Et si vous voulez lui faire perdre son sourire, demandez-lui donc la carte des desserts, au moment il vient de sa propre initiative vous proposer le café et l’addition.

Commander sur écran fera évidemment pousser des cris d’indignation, au nom de la rationalisation effrénée qui ruine les emplois et déshumanise la société. Mettons, car ce n’est pas faux, même si les pubs anglais nous démontrent que l’on peut commander ses verres au bar sans rien perdre en convivialité.

En termes de services, qui représentent 3/4 du PIB des pays occidentaux, il ne faut pas brusquer les comportements, voire choquer les esprits. A mon sens, un restaurant équipé de tablettes électroniques, devra plus particulièrement soigner et personnaliser son accueil (par un humain). Puis chaque table devrait être dotée d’un bouton d’appel pour faire intervenir un serveur qui fera la saisie à la place du client. On pourrait même ritualiser l’opération pour tous les nouveaux venus.

Ménageons toujours le choix au client. Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre : acheter des billets au guichet SNCF en période de congés. Et pourtant, à l’heure des bornes et de l’internet, dans toutes les gares vous voyez encore des masses de gens faire la queue aux guichets. Un jour, tous les produits seront équipés d’étiquettes Rfid (ces puces qui équipent déjà les cartes Navigo, par exemple) et il vous suffira de passer votre caddie de supermarché sous un portique pour obtenir l’affichage instantané du total de vos achats (que vous réglerez en faisant passer votre portable sur une borne). On peut gager que beaucoup de consommateurs se priveront du plaisir si humain de faire la queue devant une caisse. Et pourtant, vous verrez, quelques caissières survivront.

Certains retraités vont trois fois par jour au supermarché pour acheter à chaque fois une babiole, puis au moins une fois par jour au guichet de leur banque pour demander la position de leur compte. C’est évidemment pour le plaisir de croiser du monde et d’échanger un mot. Pour eux, ou les réfractaires de la techno, ou encore les distraits, laissons un choix entre l’ancien et le nouveau.

Au fait, où sont passés les pompistes ? Je ne sais pas. Cela m’échappe.

Pratiquez-vous la NONdialisation ?

Publié par le avr 30, 2011 dans Innovation - Lenteur | 0 commentaire

Y’a plus de respect. On interdit des choses aux gens et, eux, qu’est-ce qu’ils font ? Ils commandent sur internet !

Il est toujours cocasse de lire un article de presse consacré à un produit qui cartonne, tout en étant interdit en France, c’est le cas du test génétique en matière de santé prédictive.

Il vous suffit d’expédier un peu de salive à un labo américain ou belge qui va calculer votre risque de développer telle ou telle maladie, en comparaison du risque moyen de la population, exprimé sous forme de pourcentages. Il ne s’agit donc que de statistiques et c’est clairement expliqué.

En l’état actuel, la prédisposition à contracter certaines pathologies, tels que la maladie d’Alzheimer ou le cancer du sein, est relativement facile à détecter dans un génome. Pour d’autres, comme l’infarctus, les tests deviennent moins probants, d’autant qu’ils dépendent surtout de notre style de vie.

Je le disais, selon nos lois, vous n’avez pas le droit de savoir ce que peut révéler votre ADN. C’est ce genre de petit détail qui vous vous plombe définitivement sur un marché en plein essor, car j’imagine que ce type de test sera de plus en plus performant et qu’il va se banaliser au même titre qu’une échographie, au nom du principe ancestral qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Pourquoi interdit ? En gros, vous n’êtes pas suffisamment intelligent et mature pour comprendre vos statistiques, sans un accompagnement médical. Soit. Parce que je n’ose pas imaginer qu’il s’agisse d’une histoire de sous.

Il est par contre certain que l’internet ravive nos libertés et restaure nos choix, en s’affranchissant des frontières et des pouvoirs. Quelle ampleur a déjà pris cette Nondialisation ? Un beau sujet d’étude, à l’heure des dictatures vacillantes…

Photo Flickr de Aleiex

Pierre Bellanger ou le management de l’impertinence

Publié par le avr 27, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Menacé dans ses fonctions de Pdg par son principal actionnaire, Pierre Bélanger, fondateur de Skyrock, se trouve depuis quelques jours sur le devant de l’actualité.

Il y a quelques années, lors d’une conférence au CNAM, je l’avais entendu avec ravissement nous raconter son parcours d’entrepreneur. Bellanger est un pionnier de la radio libre, du temps où elle n’était pas libre justement, ce qui lui a valu quelques voyages en panier à salade.

A l’époque, personne n’aurait misé un kopeck sur celui qui allait réunir près de 4 millions d’auditeurs par jour et conserver le rang de première radio chez les 13-24 ans depuis 25 ans. « Contre soi, on trouve tous les ‘installés’, les banquiers, ceux qui ont réussi, hausse-t-il les épaules. Lorsqu’un projet est jugé aberrant ou méprisé, c’est bon signe. » De plus, il revendique son mauvais caractère. Un trait obligatoire pour un entrepreneur qui doit affirmer, contre l’avis de ses proches : « Je le ferai quand même ! Et de penser : Ils sont tous fous, sauf moi ! »

Atypique en tout point, Bellanger a une définition toute personnelle de l’innovation : c’est réunir toutes les conditions de l’échec et réussir ! Lorsqu’on fait la check-list des causes des échecs et des réussites, il prétend que l’on coche les mêmes cases !

En 1995, sa radio marche bien, il fait partie des « installés », c’est bien ce qui inquiète Bellanger. Il se pose cette question existentielle : « Je m’appelle Skyrock, mais qu’est-ce que le rock ? » La réponse se profile avec une froide évidence : le rock c’est la musique que n’aiment pas les parents. C’est pourquoi Skyrock est devenue la première radio Rap, accompagnant la nouvelle génération.

Quelques années plus tard, il pressent que le monde bascule : « La force de l’internet, ce n’est pas la diffusion, mais la conversation ! La diffusion, c’est le propre du 20ème siècle et le 21ème siècle devient celui de la conversation. » Alors, Bellanger fonde SkyBlog et c’est toute une génération qui se rue vers cette plate-forme pour créer son blog, au rythme jamais interrompu de 15.000 à 20.000 nouveaux blogs par jour !

En fait SkyBlog fut la transposition conversationnelle de la radio. Pierre Belanger a toujours eu coutume de dire que SkyRock n’était pas une radio qui avait des auditeurs, mais des auditeurs qui avaient une radio. Ceux-ci avaient notamment pris l’habitude de raconter leurs déboires sexuels à l’antenne sur un ton trash, faisant souvent froncer les sourcils du CSA.

Et pour cause, l’impertinence est une valeur revendiquée par la station et son patron. Comment se réinventer, comment innover sans être impertinent et « entraîner un public qui sera encore plus impertinent que vous », surenchérit Bellanger ? Innover c’est oser déranger des gens en place, prétendre faire mieux qu’eux, toujours sous les quolibets tant que le nouveau, encore balbutiant, semble encore loin de se substituer à l’ancien. Bellanger nous oppose ce jugement social lapidaire : « Toute personne qui pense que c’était mieux avant a décroché ».

Photo Flickr de Stephanie Booth

Maman, tu m’achètes un drone ?

Publié par le avr 24, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Des drones grand public sont désormais disponibles en magasin.

Fnac les Halles, Paris, l’autre week-end, un vendeur faisait virevolter le modèle AR.Drone, dans les allées du magasin en proposant aux clients de prendre les commandes… de l’iPhone qu’il suffit d’incliner pour exercer un pilotage intuitif et d’une simplicité enfantine.

Deux caméras embarquées sur le drone (sol et frontal) vous renvoient les images, vues du ciel, sur l’écran de votre iPod. Le logiciel Parrot, en supplément, vous permet de les enregistrer.

Justement, combien coûte ce petit bijou de modélisme ? 299 euros. Pas davantage et les pièces de rechange amovibles (hélices, coque centrale ou contour en polypropylène) ne valent que quelques euros. Une invitation à prendre tous les risques, d’autant que le faible poids de l’engin (moins de 500 grs) le rend quasi inoffensif s’il tombe sur la tête de quelqu’un…

Un drone en vente libre à un prix abordable, imaginez les conséquences !

Les applications militaires ou industrielles de ces objets volants se résument à recueillir des informations ou surveiller des zones à risques pour des humains. Mais pour un simple particulier ?

Nous sommes ainsi conditionnés qu’avant de nous extasier, nous allons spontanément penser aux risques et aux menaces. Bien sûr, on va pouvoir mater sa voisine sous la douche (il faudra être bien synchro car le AR.Drone ne dispose que de 15 minutes d’autonomie pour 90 minutes de charge). Quoi d’autre ? Prévenir l’arrivée des patrouilles de police. Et puis ?

Le législateur aura sûrement du travail avec tous les futurs Dronnie and Clyde en puissance. Mais une fois vidé le sac à stress laissons enfin place à la créativité. A chacun son drone, comme son portable ? Pour faire quoi ? Comment va-t-on rendre le monde meilleur ? Quelles nouvelles opportunités de business ?

Projetez-vous également dans l’évolution technologique : prochainement ces drones seront miniaturisés et donc quasi invisibles. Déjà, l’armée américaine expérimente des formes d’oiseau battant des ailes pour que les drones passent totalement inaperçus dans l’environnement.

Joli exercice, n’est-ce pas ? Attention, ceci n’est pas un exercice, nous sommes dans le réel.

Ouf ou Eureka ?

Publié par le nov 8, 2010 dans Créativité - Etat d'esprit | 0 commentaire

Le tout premier organisme vivant jamais conçu en laboratoire est l’œuvre de Craig Venter. Au printemps dernier, des ordinateurs très puissants ont fabriqué l’ADN qui a été implanté dans une bactérie (vidée préalablement de sa propre ADN). Et ça marche !

« J’ai bondi vers mon laboratoire, explique Craig au journal Paris-Match, saisi mon caméscope, filmé les colonies bleues qui s’échappaient en cercles concentriques de la bactérie, preuve qu’elle se reproduisait ».

Et ensuite ? Et bien non, le savant ne s’est pas mis à danser le twist debout sur une paillasse, avant de se jeter au cou de toutes les blouses blanches alentour. Non, il a tiré une chaise et s’est assis calmement : « J’ai poussé un énorme soupir de soulagement plutôt qu’un grand hourra. Ces expériences, je n’en voyais plus le bout ! »

Tout le monde n’est pas Archimède ! Tout à sa joie d’avoir résolu une énigme, le mathématicien avait bondi hors de sa baignoire et couru nu dans les rues de Syracuse en criant Eureka ! A moins que cela ne soit une légende… C’est même certain.

Le flash créatif est le couronnement d’un processus d’incubation, même inconscient, une sorte d’enfantement dont on attend la délivrance. En fait, tout est question de temps, puisque le propre d’un créatif est qu’il sait qu’il va trouver tôt ou tard… Lorsque cela arrive, enfin, c’est bien un Ouf ! de soulagement, de réassurance sur son talent si particulier.

Quand le créatif fait ouf, le client fait bof. Autre grand précepte. Le client ou le chef de service, le bon copain, etc.

Dans son livre « Créateurs de noms », Marcel Botton, raconte qu’en « matière de création de nom de marque, le coup de foudre est rare, c’est avec le temps que le client s’attache à son nom. Dans la plupart des cas, un nom de marque est un compromis. »

Comprenez que lorsque son agence Nomen a présenté « Vivendi » ou « Wanadoo », l’annonceur a d’abord fait bof…

De quoi vous passer l’envie de crier Eureka la prochaine fois que vous avez une idée géniale.

Photo Flickr de Schockwellenreiter

Le 21ème siècle a commencé… pour info

Publié par le août 22, 2010 dans Innovation - Lenteur | 2 commentaires

J’imagine Georges Frêche sifflotant de contentement sous sa douche, pas peu fier de son nouveau coup médiatique. Le maire de Montpellier a décidé de décorer sa place des Grands hommes en érigeant une collection de statues représentant quelques hautes figures politiques du XXème siècle. Des sculptures imposantes de 3,5m de haut incarnant de Gaulle et autre Churchill, dont on ne peut nier l’intérêt artistico-militaro-nostalgico-pédagogique.

Qu’est-ce qui provoque donc l’indignation ? En fait, le choix de certains grands hommes, tel que Mao ou Lénine. Dans une moindre mesure, l’idée même d’avoir fondu l’argent public en statues de bronze (200.000€ la pièce). En gros, c’est tout. Que les maires agissent comme des roitelets, sans demander l’avis de leurs administrés, ce n’est pas le problème, le problème c’est le choix de Lénine.

Chez lui, Georges Frêche peut bien faire ce qui lui chante et peut-on lui en vouloir de célébrer son bon vieux temps à lui ? Par contre, que les jeunes Montpelliérains ne s’avisent pas de faire un apéro géant. Quelle corruption pour le corps et l’esprit ce serait. D’abord, pour toute réunion sur la voie publique, il faut poser une demande d’autorisation. La France telle qu’elle fonctionne aujourd’hui a été minutieusement codifiée par des tas de représentants publics, suivant un principe hiérarchique et dirigiste, si bien mis à profit au XXème siècle. Vous comprenez, sinon c’est le bordel. Si vous n’êtes pas content, allez sur le Web 2.0 faire de l’interactivité avec le monde entier, mais restez dans votre chambre, n’allez pas vous mêler de définir votre cadre de vie, de décorer la ville, vous seriez bien capables de nous inventer la place des « futurs grands hommes » ou des « muses du nouveau siècle ».

A l’autre bout de l’Hexagone, à Colmar, une soixantaine de faucheurs ont arraché des vignes transgéniques, dans un champ de l’Inra, destinées à trouver un remède contre le court-noué (une maladie qui tue la vigne dans presque toutes les régions du monde et qui rend les terres impropres à la viticulture).

Eux aussi, ils collent au XXème siècle, ils collent grave. Comme un chewing-gum sur une semelle.

Photo Flickr de Hans s

Pourriez-vous m’indiquer une cabine électrique ?

Publié par le juil 21, 2010 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Il était une époque lointaine où l’on parlait de rénovation industrielle. L’idée était de louer des appareils, puis de les reconditionner pour les relouer à nouveau, au lieu de tout jeter après usage. Le cas d’école était le décodeur Canal+. Une fois restitué par un abonné, le boitier était démonté, désinfecté, sablé, repeint… avant de repartir pour une seconde vie, l’air parfaitement neuf. La rénovation industrielle portait aussi sur les combinés France Télécom, ceux en plastique gris avec un fil…

L’opérateur Telekom Austria (TA) renoue avec cette logique de recyclage en ce qui concerne ses cabines téléphoniques. Que faire d’une cabine qui ne sert plus à téléphoner, on vous le demande ? TA veut transformer ses 13.500 cabines, clairement désaffectées depuis l’essor du téléphone portable, en borne de recharge pour véhicules électriques. La première station a été inaugurée à Vienne, cet été, dans le cadre d’un projet pilote qui concerne une trentaine d’installations d’ici la fin de l’année, pour un investissement compris entre 1.500 et 3.000 euros par station-service électrique.

Pour recharger ses batteries, une voiture électrique devra être branchée pendant 6h30, une motocyclette 80 minutes et un vélo 20 minutes, selon TA. A noter que l’Autriche compte près 4000 voitures électriques en circulation (moins de 0,1% de son parc automobile). Il en coutera « moins de dix euros » pour faire le plein d’une voiture, a assuré le patron de TA, Hannes Ametsreiter, en conférence de presse.

Les clients pourront payer par téléphone mobile, ce qui est le moins pour un opérateur de télécoms.

Photo Flickr de neilh205′s photostream

HP saisit le télétravail par les cornes

Publié par le juil 16, 2010 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

On sait comme il est difficile de bouger les gens. Avec le télétravail, personne ne bouge, car chacun reste chez soi. Et l’entreprise fait des économies de loyer.

On vient d’apprendre qu’un accord sur le télétravail a été signé chez Hewlett-Pacard à l’unanimité des 13 syndicats de ses trois filiales françaises ! Ce texte va affecter la vie professionnelle de 5000 personnes dans le cadre d’une démarche résolue et progressiste.

HP s’apprête à fermer les locaux de cinq de ses dix agences régionales et à diminuer les surfaces de ses principaux sites : le siège social d’Issy-les-Moulineaux sera réduit de moitié et l’unité de Nanterre perdra deux tiers de ses bureaux. Le site des Ulis sera entièrement réaménagés en open space et en bureaux partagés pour accueillir les télétravailleurs venant (obligatoirement) travailler certains jours de la semaine.

Le phénomène du télétravail s’amorce très lentement en comparaison du push technologique. Ce mode de travail ne présente évidemment pas que des avantages, surtout lorsqu’on doit y faire face du jour au lendemain. Mais combien d’années va-t-on encore « aller au bureau » chaque jour ? Cela fait bien dix ans qu’on peut acheter son billet de train sans devoir « aller au guichet », non ? Puisqu’on va passer davantage de temps chez soi, on peut supposer que l’habitat deviendra soit plus cosy, soit plus nomade, genre un camping-car bourré d’électronique pour travailler face à la mer un jour, et en pleine forêt, l’autre jour.

Les rapports conjugaux risquent d’être affectés si monsieur et madame télétravaillent à la maison. Imaginez également que le concept se diffuse à l’école. L’Education nationale pourrait estimer que des solutions e-learning, interactives, multimédia et ludiques puissent avantageusement remplacer un tas d’heures de cours où l’on baille d’ennui entre quatre murs.

Tout un monde à réinventer… du moins, à rééquilibrer.

Photo Flickr de Mickou

viagra