L’innovation participative à l’honneur dans la presse

Publié par le Juin 4, 2011 dans Innovation Participative | 0 commentaire

Les idées des salariés sont porteuses de rêves, de valeurs et de projets. Elles revitalisent constamment l’entreprise et dépassent le cadre de l’amélioration continue. Encore faut-il encourager ses collaborateurs à s’exprimer et à s’impliquer au-delà du strict respect de leur définition de fonctions. Au final, ils vous seront reconnaissants de faire appel à leur intelligence et leur créativité pour résoudre les problématiques de LEUR entreprise.

Une démarche d’innovation participative doit judicieusement combiner divers éléments pour instaurer un nouveau mode de management, plus inspirant et impliquant (rôle de la direction, communication interne, circuit de décision, système de récompenses…), c’est l’objet du remarquable dossier publié par Dynamique Entrepreneuriale avec le soutien de l’association Innov’acteurs, présidée avec brio par Muriel Garcia. On peut télécharger le dossier, après inscription, sur le site du magazine.

L’innovation participative nécessite l’installation d’une boite à idées informatisée et interactive destinée à recueillir et gérer les suggestions du personnel, qu’il s’agisse d’idées spontanées ou provoquées dans le cadre d’un challenge sur un thème particulier.

On parle communément de SMI (Système de management des idées) pour qualifier un tel outil qui sert également à lire et commenter les propositions des collègues. Les idées doivent s’enrichir mutuellement, c’est primordial. Chacun doit aussi pouvoir prendre connaissance de la position du management sur chaque idée ou suivre la mise en oeuvre de celles qui ont été retenues.

C’est l’occasion de rappeler que Dreamstorm a développé un SMI, baptisé MeToo, dont la finalité est d’être accessible aux entreprises de toutes tailles, ainsi qu’aux départements ou services de grandes sociétés. Cet outil a été conçu pour être aussi simple et familier d’usage qu’un blog, symbole du Web 2.0.

Notre boite à idées interactive a été développée sur WordPress, une plate-forme open-source. Nos clients peuvent donc librement faire évoluer leur produit, sans être dépendants de leur fournisseur. WordPress représente l’outil de prédilection des professionnels du Web pour sa fiabilité et sa modularité, à l’instar de Linux ou de OS Commerce.

Dans le domaine de l’innovation participative, Dreamstorm concilie donc le conseil et la formation avec le développement informatique, ce qui nous permet de répondre à toutes les demandes de fonctionnalités nouvelles et spécifiques des utilisateurs de MeToo.

Spirit computing

Publié par le Mai 31, 2011 dans Société | 1 commentaire

A supposé qu’il existe (il semblerait que oui), Mamadou N’Guéyé a réussi un joli coup de pub puisque sa petite annonce, ci-jointe, a fait le tour de la Toile. Je doute que cela soit volontaire. Mais je ne doute pas, s’il avait été plus habile, qu’il aurait pu décrocher quelques clients en leur promettant de réparer leur PC par télépathie !

En effet, le pouvoir cet « authentique mage vaudou » est tel qu’il peut  réparer à distance les « secteurs défectueux de votre disque dur ». Oui, par télépathie ! Soyons franc : qui n’a jamais été confronté aux mystères de l’informatique ? Qui n’a jamais prononcé une secrète incantation pour obtenir enfin sa connexion internet ou faire marcher une imprimante, ou bien encore éloigner le spectre hideux d’un virus en cas de soudain dysfonctionnement ?

Notre sorcier « mondialement connu dans son quartier » (sic) aurait pu exploiter cette part d’irrationnel que nous accordons à nos joujoux ultramodernes, mais il a commis une erreur marketing en déclarant qu’il était aussi capable de soigner le cancer à distance, les troubles de l’érection, etc. Soudain, tout s’effondre ! Perdant tout le bénéfice du doute, Mamadou révèle l’arnaque en voulant se montrer trop beau, universel, guichet unique de tous les problèmes.

Toutes proportions gardées, il me fait penser à ces PME innombrables qui répugnent à communiquer sur un point d’excellence ou un point quelconque de différentiation (encore faut-il en cultiver un, bien entendu) en se présentant comme des professionnels parés de toutes les qualités et à l’écoute du client. Leurs managers aiment ajouter, pour faire bonne mesure, qu’ils sont connus pour résoudre les « moutons à cinq pattes ».

C’est le propre des marabouts de tout faire, alors pouvez-vous donner une seule bonne raison de vous choisir ! Une raison imparable. Posséder un véritable « plus » par rapport aux concurrents, c’est immense ! Je ne parle surtout pas des pré-requis (qualité, prix, souplesse…) qui vous donnent simplement le droit de vous considérer comme un professionnel.

DSKrach

Publié par le Mai 24, 2011 dans Société | 0 commentaire

Qu’est-ce que DSK vient faire sur un blog consacré à la créativité et l’innovation ? Comme si cela ne suffisait pas ! Attendez, vous allez comprendre…

Vous avez constaté que tous les médias sont restés en édition spéciale pendant une semaine non-stop, sans avoir grand-chose à raconter. Alors, il a bien fallu meubler, relancer l’intérêt, d’où de jolies contorsions intellectuelles pour ranimer constamment la flamme de l’audimat.

Les invités sur les plateaux ont dû jouer d’imagination sur le thème du complot, tandis que les journalistes s’ingéniaient à inventer des débats qui autrement n’auraient jamais eu lieu d’être. Le plus beau, le plus créatif est certainement celui-ci : la France a-t-elle raison de respecter la vie privée de ses élus ? Sous-entendu : une presse people digne de ce nom, bien trash comme en Angleterre ou en Allemagne, ne serait-elle pas un purgatif salutaire pour faire le tri entre nos hommes politiques, au lieu de les encourager dans leurs turpitudes par un silence complice comme aujourd’hui ? Sous-sous-entendu : c’est bien fait pour nous, les Français…

Enfin, faute de mieux, les journaux télé, radio, papier ont disséqué le système judiciaire américain, qui nous semble exotique à bien des égards. Les commentateurs ont trouvé toutefois des aspects dont nous pourrions nous inspirer, comme la protection des témoins (qui chez nous doivent déguerpir rapido lorsqu’ils brisent la loi du silence dans les cités). S’inspirer de ce qui se fait ailleurs pour l’adapter à ses propres besoins, c’est le principe du benchmarking créatif.

Vous voyez ce blog est propice à toutes les conversations. Aussi, en termes de business, car j’imagine que les Américains vont fabriquer des masques de DSK en caoutchouc que l’on va s’arracher à Halloween.

Photo Flickr de Divine Harvester

Encore plus fort que la monnaie unique !

Publié par le Mai 12, 2011 dans Innovation - Lenteur | 2 commentaires

Il y a quelques jours, une nouvelle monnaie éco-responsable était lancée à Toulouse, la Sol violette. On connait le principe de ces nouveaux instruments d’échanges, éthiques et non capitalisables, qui sont désormais acceptés par les commerçants locaux ou les administrations. Pour faciliter les transactions on imprime des sortes de billets en Sol (ou en Watt, en Bogue, etc. cela varie selon les régions) de différentes valeurs. Toujours des billets…

Si on supprimait purement et simplement l’argent liquide ? Je parle des euros ! Plus de billet, ni d’espèce. En lieu et place, se développerait un système complémentaire à la carte Bleue, du genre Monéo ou paiement par téléphone pour ne parler que des moyens actuels de micro-paiement.

En effet, la technologie est déjà au point et une dizaine d’établissements de paiements (EP) agréés en France ont le droit de proposer des solutions innovantes à nos besoins quotidiens. Mais qu’en pense notre législateur ? D’une part, fini la fraude fiscale et le travail au noir, mais de l’autre terminé les enveloppes pour financer les partis politiques. Imaginez : on ne pourrait plus acheter ou vendre un gramme de stupéfiant ou de cuivre sans laisser une trace bancaire. Comment continuer à dealer ou écouler des objets volés sans pouvoir régler en espèces ?

En cherchant un peu sur le Net, j’ai découvert que le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise avait émis 7 idées pour révolutionner la France, en juin 2008, dont la suppression de la monnaie dite fiduciaire « pour lutter contre le fléau de la drogue et de la corruption qui alimentent nombre de guerres et d’injustices sur la planète », en expliquant que les billets en circulation ont « une utilisation de plus en plus souvent frauduleuse qui permet le développement d’économies souterraines, parallèles ou occultes. »

Si chaque centime était numérisé et nominatif, faudrait-il y voir une atteinte aux libertés individuelles ? A ce compte-là, supprimons la carte Bleue et les chéquiers. Les convoyeurs de fonds perdraient leur boulot, à coup sûr, mais des milliers de commerçants et de guichetiers de banque souffleraient un bon coup !

Nous avons été les précurseurs de la carte à puce, la France a suffisamment gagné en crédibilité sur le marché de la monétique pour prendre le leadership des moyens alternatifs vers la suppression des espèces. Enfin, éventuellement.

Photo Flickr de Public Domain Photo

Quand la créativité descend dans la rue

Publié par le Mai 7, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Les multinationales multimédiatisées du Charity Business ne font pas partie du même monde que les cohortes de nécessiteux qui font l’aumône dans la rue, ces auto-entrepreneurs du malheur, qui doivent pourtant eux aussi vous émouvoir ou vous séduire pour gagner une pièce. Il le faut d’autant que, et ce mot résonne tragiquement, la concurrence est rude.

Mais beaucoup sont trop accablés ou trop gênés pour oser interpeller le passant, alors ils se tiennent prostrés dans un coin et s’en remettent à la Providence. Qui les voit, alors ?

Une nuit de février 2007, Joël Catherin (sur la photo), avocat parisien, remarque une veille femme assise sur un  trottoir du quartier de la Madeleine. Pour l’aider, il lui vient une idée formidable. Il griffonne une phrase au feutre noir sur un morceau de carton : « Je pourrais être votre grand-mère ». Ces quelques mots touchent le coeur des passants. D’autres SDF le remarquent et demandent à Joël un écriteau pour eux-mêmes. Alors, fier de devenir aussi l’avocat des pauvres, il multiplie les formules qui font mouche : « Parti de rien, arrivé nulle part », « 1€, Yes you can », « Une histoire à coucher dehors »… Joël a déjà réalisé deux cents pancartes et vous pouvez lui proposer vos textes sur une page Facebook (source : Rue89).

Encore un mot  à propos de générosité. Chacun sait que l’imagination n’a pas de limite, mais la bonté humaine peut également nous emmener loin : en Corée du sud, une association d’anciennes  « femmes de réconfort » vient d’adresser 35.000€ aux victimes du séisme nippon, somme réunie par un appel aux dons.
Ses femmes avaient été obligées de se prostituer dans les maisons closes de l’armée impériale du Japon, pendant la seconde guerre mondiale. Sa présidente, Gil Won-ok, 84 ans, a été contrainte à l’âge de 13 ans de satisfaire chaque jour des dizaines de soldats, constamment battue et malade. Il a fallu attendre les années 90 pour que les survivantes osent raconter leur calvaire et se regroupent en comité de défense. A ce jour, elles n’ont reçu ni excuse, ni d’indemnité de la part Tokyo. Rien. Pas même une réponse à leurs revendications (source : la Croix du 26 avril 2011).

Crédit photo : Audrey Cerdan / Rue89

Plus de service, moins de servitude

Publié par le Mai 4, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Un café et l’addition, s’il vous plait ! Cette interjection bien familière va-t-elle prochainement tomber en désuétude ?

Dans certains restaurants des Etats-Unis, on trouve déjà des cartes électroniques, dont l’écran tactile permet de s’informer, de commander et de payer. Au lieu d’ennuyer, forcément ennuyer, un serveur avec vos questions, vous pouvez visualisez tel ou tel plat, lister ses ingrédients (les allergies sont innombrables), visionner sa confection en cuisine, bref on peut tout imaginer…

Le produit de la start-up nommée « E la carte » propose des fonctions astucieuses comme ajouter ou enlever certains ingrédients en cochant des cases, prévoir le temps d’attente, diviser l’addition ou encore patienter avec une série de jeux. Un concept qui devrait plaire à une époque où les gens me semblent de plus en plus nerveux, impatients et compliqués.

J’espère qu’un fournisseur va penser au questionnaire de satisfaction ! Juste trois thèmes : j’aime, j’aime pas, je suggère. Etude de marché en situation réelle et gratuite. Combien de restaurants l’ont instauré, même sur un bout de papier ?

Quant à moi, au restaurant, je rêve de pouvoir gérer mon temps. Parfois, on est pressé, parfois on a envie de retenir l’horloge, notamment pour converser lors d’un dîner. C’est crispant ces endroits où le serveur déboule avec les plats à peine avez-vous terminé l’entrée. Et si vous voulez lui faire perdre son sourire, demandez-lui donc la carte des desserts, au moment il vient de sa propre initiative vous proposer le café et l’addition.

Commander sur écran fera évidemment pousser des cris d’indignation, au nom de la rationalisation effrénée qui ruine les emplois et déshumanise la société. Mettons, car ce n’est pas faux, même si les pubs anglais nous démontrent que l’on peut commander ses verres au bar sans rien perdre en convivialité.

En termes de services, qui représentent 3/4 du PIB des pays occidentaux, il ne faut pas brusquer les comportements, voire choquer les esprits. A mon sens, un restaurant équipé de tablettes électroniques, devra plus particulièrement soigner et personnaliser son accueil (par un humain). Puis chaque table devrait être dotée d’un bouton d’appel pour faire intervenir un serveur qui fera la saisie à la place du client. On pourrait même ritualiser l’opération pour tous les nouveaux venus.

Ménageons toujours le choix au client. Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre : acheter des billets au guichet SNCF en période de congés. Et pourtant, à l’heure des bornes et de l’internet, dans toutes les gares vous voyez encore des masses de gens faire la queue aux guichets. Un jour, tous les produits seront équipés d’étiquettes Rfid (ces puces qui équipent déjà les cartes Navigo, par exemple) et il vous suffira de passer votre caddie de supermarché sous un portique pour obtenir l’affichage instantané du total de vos achats (que vous réglerez en faisant passer votre portable sur une borne). On peut gager que beaucoup de consommateurs se priveront du plaisir si humain de faire la queue devant une caisse. Et pourtant, vous verrez, quelques caissières survivront.

Certains retraités vont trois fois par jour au supermarché pour acheter à chaque fois une babiole, puis au moins une fois par jour au guichet de leur banque pour demander la position de leur compte. C’est évidemment pour le plaisir de croiser du monde et d’échanger un mot. Pour eux, ou les réfractaires de la techno, ou encore les distraits, laissons un choix entre l’ancien et le nouveau.

Au fait, où sont passés les pompistes ? Je ne sais pas. Cela m’échappe.

Pratiquez-vous la NONdialisation ?

Publié par le Avr 30, 2011 dans Innovation - Lenteur | 0 commentaire

Y’a plus de respect. On interdit des choses aux gens et, eux, qu’est-ce qu’ils font ? Ils commandent sur internet !

Il est toujours cocasse de lire un article de presse consacré à un produit qui cartonne, tout en étant interdit en France, c’est le cas du test génétique en matière de santé prédictive.

Il vous suffit d’expédier un peu de salive à un labo américain ou belge qui va calculer votre risque de développer telle ou telle maladie, en comparaison du risque moyen de la population, exprimé sous forme de pourcentages. Il ne s’agit donc que de statistiques et c’est clairement expliqué.

En l’état actuel, la prédisposition à contracter certaines pathologies, tels que la maladie d’Alzheimer ou le cancer du sein, est relativement facile à détecter dans un génome. Pour d’autres, comme l’infarctus, les tests deviennent moins probants, d’autant qu’ils dépendent surtout de notre style de vie.

Je le disais, selon nos lois, vous n’avez pas le droit de savoir ce que peut révéler votre ADN. C’est ce genre de petit détail qui vous vous plombe définitivement sur un marché en plein essor, car j’imagine que ce type de test sera de plus en plus performant et qu’il va se banaliser au même titre qu’une échographie, au nom du principe ancestral qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Pourquoi interdit ? En gros, vous n’êtes pas suffisamment intelligent et mature pour comprendre vos statistiques, sans un accompagnement médical. Soit. Parce que je n’ose pas imaginer qu’il s’agisse d’une histoire de sous.

Il est par contre certain que l’internet ravive nos libertés et restaure nos choix, en s’affranchissant des frontières et des pouvoirs. Quelle ampleur a déjà pris cette Nondialisation ? Un beau sujet d’étude, à l’heure des dictatures vacillantes…

Photo Flickr de Aleiex

Pierre Bellanger ou le management de l’impertinence

Publié par le Avr 27, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Menacé dans ses fonctions de Pdg par son principal actionnaire, Pierre Bélanger, fondateur de Skyrock, se trouve depuis quelques jours sur le devant de l’actualité.

Il y a quelques années, lors d’une conférence au CNAM, je l’avais entendu avec ravissement nous raconter son parcours d’entrepreneur. Bellanger est un pionnier de la radio libre, du temps où elle n’était pas libre justement, ce qui lui a valu quelques voyages en panier à salade.

A l’époque, personne n’aurait misé un kopeck sur celui qui allait réunir près de 4 millions d’auditeurs par jour et conserver le rang de première radio chez les 13-24 ans depuis 25 ans. « Contre soi, on trouve tous les ‘installés’, les banquiers, ceux qui ont réussi, hausse-t-il les épaules. Lorsqu’un projet est jugé aberrant ou méprisé, c’est bon signe. » De plus, il revendique son mauvais caractère. Un trait obligatoire pour un entrepreneur qui doit affirmer, contre l’avis de ses proches : « Je le ferai quand même ! Et de penser : Ils sont tous fous, sauf moi ! »

Atypique en tout point, Bellanger a une définition toute personnelle de l’innovation : c’est réunir toutes les conditions de l’échec et réussir ! Lorsqu’on fait la check-list des causes des échecs et des réussites, il prétend que l’on coche les mêmes cases !

En 1995, sa radio marche bien, il fait partie des « installés », c’est bien ce qui inquiète Bellanger. Il se pose cette question existentielle : « Je m’appelle Skyrock, mais qu’est-ce que le rock ? » La réponse se profile avec une froide évidence : le rock c’est la musique que n’aiment pas les parents. C’est pourquoi Skyrock est devenue la première radio Rap, accompagnant la nouvelle génération.

Quelques années plus tard, il pressent que le monde bascule : « La force de l’internet, ce n’est pas la diffusion, mais la conversation ! La diffusion, c’est le propre du 20ème siècle et le 21ème siècle devient celui de la conversation. » Alors, Bellanger fonde SkyBlog et c’est toute une génération qui se rue vers cette plate-forme pour créer son blog, au rythme jamais interrompu de 15.000 à 20.000 nouveaux blogs par jour !

En fait SkyBlog fut la transposition conversationnelle de la radio. Pierre Belanger a toujours eu coutume de dire que SkyRock n’était pas une radio qui avait des auditeurs, mais des auditeurs qui avaient une radio. Ceux-ci avaient notamment pris l’habitude de raconter leurs déboires sexuels à l’antenne sur un ton trash, faisant souvent froncer les sourcils du CSA.

Et pour cause, l’impertinence est une valeur revendiquée par la station et son patron. Comment se réinventer, comment innover sans être impertinent et « entraîner un public qui sera encore plus impertinent que vous », surenchérit Bellanger ? Innover c’est oser déranger des gens en place, prétendre faire mieux qu’eux, toujours sous les quolibets tant que le nouveau, encore balbutiant, semble encore loin de se substituer à l’ancien. Bellanger nous oppose ce jugement social lapidaire : « Toute personne qui pense que c’était mieux avant a décroché ».

Photo Flickr de Stephanie Booth

Maman, tu m’achètes un drone ?

Publié par le Avr 24, 2011 dans Innovation - Audace | 0 commentaire

Des drones grand public sont désormais disponibles en magasin.

Fnac les Halles, Paris, l’autre week-end, un vendeur faisait virevolter le modèle AR.Drone, dans les allées du magasin en proposant aux clients de prendre les commandes… de l’iPhone qu’il suffit d’incliner pour exercer un pilotage intuitif et d’une simplicité enfantine.

Deux caméras embarquées sur le drone (sol et frontal) vous renvoient les images, vues du ciel, sur l’écran de votre iPod. Le logiciel Parrot, en supplément, vous permet de les enregistrer.

Justement, combien coûte ce petit bijou de modélisme ? 299 euros. Pas davantage et les pièces de rechange amovibles (hélices, coque centrale ou contour en polypropylène) ne valent que quelques euros. Une invitation à prendre tous les risques, d’autant que le faible poids de l’engin (moins de 500 grs) le rend quasi inoffensif s’il tombe sur la tête de quelqu’un…

Un drone en vente libre à un prix abordable, imaginez les conséquences !

Les applications militaires ou industrielles de ces objets volants se résument à recueillir des informations ou surveiller des zones à risques pour des humains. Mais pour un simple particulier ?

Nous sommes ainsi conditionnés qu’avant de nous extasier, nous allons spontanément penser aux risques et aux menaces. Bien sûr, on va pouvoir mater sa voisine sous la douche (il faudra être bien synchro car le AR.Drone ne dispose que de 15 minutes d’autonomie pour 90 minutes de charge). Quoi d’autre ? Prévenir l’arrivée des patrouilles de police. Et puis ?

Le législateur aura sûrement du travail avec tous les futurs Dronnie and Clyde en puissance. Mais une fois vidé le sac à stress laissons enfin place à la créativité. A chacun son drone, comme son portable ? Pour faire quoi ? Comment va-t-on rendre le monde meilleur ? Quelles nouvelles opportunités de business ?

Projetez-vous également dans l’évolution technologique : prochainement ces drones seront miniaturisés et donc quasi invisibles. Déjà, l’armée américaine expérimente des formes d’oiseau battant des ailes pour que les drones passent totalement inaperçus dans l’environnement.

Joli exercice, n’est-ce pas ? Attention, ceci n’est pas un exercice, nous sommes dans le réel.

Ouf ou Eureka ?

Publié par le Nov 8, 2010 dans Créativité - Etat d'esprit | 0 commentaire

Le tout premier organisme vivant jamais conçu en laboratoire est l’œuvre de Craig Venter. Au printemps dernier, des ordinateurs très puissants ont fabriqué l’ADN qui a été implanté dans une bactérie (vidée préalablement de sa propre ADN). Et ça marche !

« J’ai bondi vers mon laboratoire, explique Craig au journal Paris-Match, saisi mon caméscope, filmé les colonies bleues qui s’échappaient en cercles concentriques de la bactérie, preuve qu’elle se reproduisait ».

Et ensuite ? Et bien non, le savant ne s’est pas mis à danser le twist debout sur une paillasse, avant de se jeter au cou de toutes les blouses blanches alentour. Non, il a tiré une chaise et s’est assis calmement : « J’ai poussé un énorme soupir de soulagement plutôt qu’un grand hourra. Ces expériences, je n’en voyais plus le bout ! »

Tout le monde n’est pas Archimède ! Tout à sa joie d’avoir résolu une énigme, le mathématicien avait bondi hors de sa baignoire et couru nu dans les rues de Syracuse en criant Eureka ! A moins que cela ne soit une légende… C’est même certain.

Le flash créatif est le couronnement d’un processus d’incubation, même inconscient, une sorte d’enfantement dont on attend la délivrance. En fait, tout est question de temps, puisque le propre d’un créatif est qu’il sait qu’il va trouver tôt ou tard… Lorsque cela arrive, enfin, c’est bien un Ouf ! de soulagement, de réassurance sur son talent si particulier.

Quand le créatif fait ouf, le client fait bof. Autre grand précepte. Le client ou le chef de service, le bon copain, etc.

Dans son livre « Créateurs de noms », Marcel Botton, raconte qu’en « matière de création de nom de marque, le coup de foudre est rare, c’est avec le temps que le client s’attache à son nom. Dans la plupart des cas, un nom de marque est un compromis. »

Comprenez que lorsque son agence Nomen a présenté « Vivendi » ou « Wanadoo », l’annonceur a d’abord fait bof…

De quoi vous passer l’envie de crier Eureka la prochaine fois que vous avez une idée géniale.

Photo Flickr de Schockwellenreiter