Quand la créativité descend dans la rue

Les multinationales multimédiatisées du Charity Business ne font pas partie du même monde que les cohortes de nécessiteux qui font l’aumône dans la rue, ces auto-entrepreneurs du malheur, qui doivent pourtant eux aussi vous émouvoir ou vous séduire pour gagner une pièce. Il le faut d’autant que, et ce mot résonne tragiquement, la concurrence est rude.

Mais beaucoup sont trop accablés ou trop gênés pour oser interpeller le passant, alors ils se tiennent prostrés dans un coin et s’en remettent à la Providence. Qui les voit, alors ?

Une nuit de février 2007, Joël Catherin (sur la photo), avocat parisien, remarque une veille femme assise sur un  trottoir du quartier de la Madeleine. Pour l’aider, il lui vient une idée formidable. Il griffonne une phrase au feutre noir sur un morceau de carton : « Je pourrais être votre grand-mère ». Ces quelques mots touchent le coeur des passants. D’autres SDF le remarquent et demandent à Joël un écriteau pour eux-mêmes. Alors, fier de devenir aussi l’avocat des pauvres, il multiplie les formules qui font mouche : « Parti de rien, arrivé nulle part », « 1€, Yes you can », « Une histoire à coucher dehors »… Joël a déjà réalisé deux cents pancartes et vous pouvez lui proposer vos textes sur une page Facebook (source : Rue89).

Encore un mot  à propos de générosité. Chacun sait que l’imagination n’a pas de limite, mais la bonté humaine peut également nous emmener loin : en Corée du sud, une association d’anciennes  « femmes de réconfort » vient d’adresser 35.000€ aux victimes du séisme nippon, somme réunie par un appel aux dons.
Ses femmes avaient été obligées de se prostituer dans les maisons closes de l’armée impériale du Japon, pendant la seconde guerre mondiale. Sa présidente, Gil Won-ok, 84 ans, a été contrainte à l’âge de 13 ans de satisfaire chaque jour des dizaines de soldats, constamment battue et malade. Il a fallu attendre les années 90 pour que les survivantes osent raconter leur calvaire et se regroupent en comité de défense. A ce jour, elles n’ont reçu ni excuse, ni d’indemnité de la part Tokyo. Rien. Pas même une réponse à leurs revendications (source : la Croix du 26 avril 2011).

Crédit photo : Audrey Cerdan / Rue89

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