Copenhague, c’te bonne blague

On le savait d’avance que tout le monde ne serait pas d’accord. Deux ans de préparation, 200 délégations diplomatiques présentes… pour un bide planétaire.

Tout commence par des constats scientifiques, rationnels sur le péril climatique (peut-être discutables, mais c’est une autre histoire) et tout se poursuit dans un même esprit cartésien, d’où l’impasse.

On a le problème + on a LA solution : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors, rendez-vous tous à Copenhague ! On signera un papier et fin de chantier.

C’est oublier que tout commence à cet instant. Autrement dit, il faut trouver des solutions originales, inédites pour permettre à la logique écologique de s’articuler avec d’autres logiques (économiques, financières ou de pouvoir…). Immense défi, certes ! Mais considérant les brillants esprits qui ont fait le déplacement…

Par contre, si on fait l’économie de cet effort de créativité, on reste au niveau du marchandage de tapis, ce qui est arrivé à Copenhague.

– Allez, 30% de réduction de CO2 !

– T’es fou, tu veux me ruiner !

– Bon, 20% c’est mon dernier mot

– Je vais réfléchir, je te dis

La créativité est le moyen de sortir par le haut de tout type de problématique, justement lorsque l’approche rationnelle, habituelle ou technocratique a échoué.

Sans inventivité, il ne reste qu’à espérer un miracle, que tout s’arrange comme par enchantement. C’est, il me semble, l’option qui a été retenue. Ne trouvez-vous pas ?

Photo Flickr de Montero Sierra

2 Commentaires

  1. Carine Toutain says:

    Le sommet de Copenhage n’a pas débouché sur un accord satisfaisant notamment concernant la réduction des gaz à effet de serre.

    Les grands de ce monde ont manqué d’inventivité mais aussi d’ambition.

    Néanmoins, le développement durable: c’est l’affaire de tous.

    Sur la question du réchauffement climatique, commençons déjà par prendre les transports en commun, par marcher ou utiliser sa bicyclette pour acheter sa baguette.

    Sur celle des déchets: un tri collectif fait consciensieusement réduit significativement les pollutions.

    Alors, les démarches individuelles et citoyennes permettront, peut être, d’aboutir là ou « les esprits brillants » n’ont pas su nous amener.

  2. Olivier Goudou says:

    Bien sûr, je souscris entièrement aux propos contenus dans l’article et dans la réaction précédente. C’est vrai : l’écologie et l’économie ne devraient pas être opposées. Par ailleurs, les Etats quelquesoit leur puissance et leur rang sont tous inter-dépendants. C’est l’égoisme que l’on doit vaincre.

    Pour partager sur le sujet, voici ci-dessous reproduit un article que j’avais rédigé quelques semaines avant Copenhague :

    A l’heure où l’écologie s’invite à la table des politiques, doit-on considérer la pollution comme l’une des fatalités du monde moderne?

    La pollution est un phénomène relativement récent, tout au moins à l’échelle de l’humanité.

    En effet, la pollution est inhérente aux progrès techniques, industriels, scientifiques réalisés au XXème siècle. En seulement quelques décennies, l’homme par son action a contribué à épuiser une large part du potentiel des énergies fossiles et à hypothéquer ses conditions de vie.

    Dés lors, la pollution est une conséquence du monde moderne.
    Cette conséquence est également la cause d’une situation qui pourrait s’avérer irréversible à terme si des actions concrètes et au long cours n’étaient pas entreprises pour enrayer les effets de la pollution.

    En définitive, la pollution traduit l’impact de l’activité humaine sur la nature.
    Il s’agit pour l’homme d’un droit à disposer (I). En contrepartie, l’homme en sa qualité de dépositaire de la nature a un devoir de préserver dans le but d’enrayer les conséquences de son action.

    I / un droit à disposer

    L’homme est dépositaire de la nature. Il exerce un droit à y puiser les ressources dont il a besoin pour vivre, se développer, prospérer. L’extraction des minerais, les puits de pétrole, l’exploitation des forêts, l’exploitation industrielle du traitement et de la gestion des déchets sont des activités nécessaires à l’essor économique et aux besoins de la population. Il s’agit «d’un droit à» qui implique le «droit sur». L’homme pollue en exerçant son «droit à», notamment par le biais des «droits à polluer».

    L’empreinte écologique consiste à évaluer l’action de la vie humaine sur la nature (besoin en consommation d’eau, d’assainissement, rejets de carbone et gaz à effets de serre),

    Du fait d’une réelle prise de conscience teintée d’émotion collective, l’évaluation de l’impact des activités polluantes est une condition nécessaire mais non suffisante pour enrayer la fatalité.

    Plus que les siècles précédents, la vie contemporaine génère d’autant plus de pollutions que les besoins à assouvir sont croissants et nombreux. Cela traduit les effets d’une évolution accélérée due aux modes de vie (transports, habitat, téléphonie mobile, équipements), La pollution devient plurielle impliquant un degré variable selon la gravité et la conséquence. La pollution est aussi sonore, olfactive. C’est pourquoi, le législateur a édicté des lois sur le bruit, les installations classées, l’air, l’eau, et prohibe désormais l’utilisation de matériaux nocifs tels que l’amiante et le plomb dont les conséquences sanitaires sont scandaleuses. La pollution influe sur les relations sociales et devient crescendo un enjeu de société. Dans les villages, les relations entre ruraux et néo-ruraux peuvent en être impactées.

    Aux niveaux internationaux, nationaux et locaux, des «Agendas21» sont élaborés. Même au niveau communal, des réductions d’émissions de gaz à effets de serre sont possibles. Par exemple, la thermographie aérienne permet d’établir un diagnostic à l’infrarouge sur chacune des toitures.

    Le développement durable et soutenable est aujourd’hui tant un besoin qu’une nécessité. Il est aussi une chance car la situation n’est pas irréversible. Sans céder au catastrophisme, il convient d’apporter un regard lucide en étant animé par la volonté de changer les habitudes et les comportements.

    Hier, l’économie se pensait par le binôme production-consommation.

    Aujourd’hui et désormais, l’économie est pensée en termes de production-consommation-pollution.

    Le développement durable concerne l’économique, le social et l’environnemental.

    L’enjeu du développement durable consiste à permettre aux générations d’aujourd’hui d’assouvir leurs besoins sans porter de préjudices à ceux des générations futures.

    II /Le devoir de préserver

    Les effets de l’action humaine sur la nature sont inquiétants.
    A L’horizon 2050, à cause de la pénurie d’eau, des exodes sont probables impliquant des conséquences géo-politiques et de possibles conflits dont l’enjeu serait l’accès à l’or bleu.

    De même, en perspective de 2100, la planète devrait connaître un fort réchauffement climatique.Dans sa large majorité, la communauté scientifique internationale admet cette possibilité. Incontestablement, la pollution sous toutes ses formes est un facteur de risque majeur.

    Cela étant, elle n’est pas une fatalité si l’homme consent à «vivre autrement».

    L’homme doit changer son rapport à la nature. C’est St Exupéry qui écrivait «nous n’héritons pas de la Terre, nous l’empruntons à nos enfants». L’homme doit se comporter en dépositaire de la nature et non comme son propriétaire. Cette évolution (voire «révolution») implique des actions tangibles primant sur le confort, les modes de vie, la croissance.

    Les effets de la société de consommation doivent être régulés. Il appartient à l’homme de consommer mieux plutôt que plus. Sur le plan énergétique, il convient de déployer les efforts pour accroître la part des énergies renouvelables par le photovoltaique et l’éolien.

    L’action de l’homme nécessite des choix individuels et une cohérence dans la gouvernance.Pour obtenir des résultats aux efforts, les questions d’environnement méritent d’être traitées par une gouvernance mondiale sur le sujet. La gestion de la ressource et la préservation des milieux (biotopes, écosystèmes) doit se penser au niveau international. Des institutions telles que l’Union européenne et l’ONU en sont des outils. La gestion des mers et des océans comme de l’air et de l’atmosphère doivent se penser globalement. L’action doit être coercitive à l’égard des Etats récalcitrants. Les intérêts particuliers des Etats doivent s’effacer lorsque l’intérêt général est l’enjeu.

    La planète est malade. L’homme est en face de ses responsabilités. La nature est le patrimoine commun de l’humanité. Elle est son habitat.

    «La maison brûle et nous regardons ailleurs». Cette célèbre parole de Jacques Chirac prononcée au sommet de Johannesburg en 2002 témoigne de l’urgence à agir concrètement sur le plan international.

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