Les jacqueries du numérique ?

Depuis quelques semaines, les marchands de jeux video affichent un esprit frondeur à l’égard de Sony, la chaine Micromania en tête. Objet du ressentiment : la nouvelle console de jeu, PSP Go, lancée le 1er octobre. Il faut savoir que cette diablerie fonctionne sans CD, ni cartouche ! Charge à l’utilisateur de se connecter en wi-fi sur internet et de faire son marché en ligne chez PlayStation Store. Exit donc les boitiers qui garnissent les rayons des magasins de jeux et le passage en caisse…

Pierre Cuilleret, pdg de Micromania, a déploré que « Sony n’ait pas pensé à associer les distributeurs pour vendre, même de manière dématérialisée, des jeux de cette console. »

Il est certes légitime à chacun de défendre son beefsteak et les conseilleurs (en dématérialisation) ne sont pas les payeurs, on le sait aussi. Comme si Sony avait un doute sur le zèle des boutiques pour commercialiser sa Go, il fait sa pub en grand, notamment sur tous les abribus Decaux de Paris.

Pourquoi ferait-il plaisir à ses distributeurs après tout ?

Business is business et surtout Sony va pouvoir réaliser le rêve marketing de tout éditeur : connaitre individuellement chacun de ses clients. Sans compter qu’avec ce nouvelle console, terminé la piraterie.

Le futur a encore frappé ! Qu’il s’agisse des disquaires, libraires ou loueurs de cassettes vidéo, la dématérialisation des supports plombe de plus en plus l’ambiance. Ce phénomène impose aux divers intermédiaires de justifier leur valeur ajoutée. Autrement dit de la réinventer à la lumière de la nouvelle économie. Il faut s’y coller bien plus rapidement que la plupart n’imaginent.

La problématique se pose ainsi : « moi, consommateur, si je peux acheter directement un fichier à un éditeur ou bien un créateur, pourquoi dois-je payer plus cher ? De l’ordre du double, au minimum… »

Photo Flickr de djwudi

2 Commentaires

  1. Carine Toutain says:

    La dématérialisation des supports fait débat. Pourquoi ne pas en venir à la licence globale?

    Cette autorisation permettrait aux internautes d’accéder à des contenus culturels (musiques, images, films, textes) qu’ils pourraient télécharger sur internet en contrepartie d’une rémunération versée à l’occasion du paiement mensuel de leur abonnement internet. Les sommes récoltées seraient ensuite dispachées entre les artistes.

    Alain Bazot, président de l’UFC que chosir, évoquait une contribution de 05 euros par mois qui, appliquée à 20 millions d’internautes, compenserait largement la baisse des ventes. En outre, cela permettrait à tous de pouvoir accéder à la culture. Ce serait une bonne solution.

    Mais celle ci n’est pas soutenue par le lobby du disque. Le président d’universal music déclarait, en février dernier, qu’il n’y était pas favorable. Evidemment, avec la dématérisalisation, une maison de disques perdrait une partie considérable de son poids.

  2. François says:

    Merci pour votre commentaire, Carine. La licence globale est une belle piste. Mutualisons la musique ! Il est grand temps d’inventer et de multiplier des business models qui s’inscrivent dans la modernité pour les clients et la pérennité pour les artistes et producteurs.
    Mais une page est d’ores et déjà tournée.
    Les ventes de CDs ont été divisées par deux, entre 2003 et 2008 (si j’ai bonne mémoire). Dans le même temps, Apple devenait le premier vendeur de musique aux US, en distribuant des fichiers numériques et des chansons au détail (à moins d’un dollar). Apple n’a rien inventé : il y a belle lurette que les internautes s’échangeaient des MP3, via Napster notamment.
    Les livres, les jeux video connaissent leurs premiers remous. Les offres légales apparaissent, même si elle frôlent parfois l’arnaque. Certains voudraient gagner autant d’argent avec un fichier qu’un livre imprimé. Le tout, sans penser une seconde à l’effet multiplicateur du nombre des lecteurs grâce à des prix low cost.
    Après, on va s’étonner que les consommateurs retrouvent l’esprit de partage qui a préfiguré et popularisé l’internet…

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