Ô temps suspend ton vol… comme à l’école

Le « portable » est le fruit d’une synthèse créative formidable. Il se classe parmi les plus grandes inventions humaines, d’autant qu’il est accessible à tous. Aucun auteur de science fiction n’avait imaginé, dans ses rêves de civilisations avancées, que chacun puisse disposer seulement d’un téléphone portable ! Déjà multifonction et connecté à des ressources infinies via le Net, le portable n’a pas fini de muter.

Et bien, cet outil est indésirable en classe. Il est actuellement pourchassé par les sénateurs (pour des raisons de santé et ils doivent s’y entendre sur la question). Quoi, à la place ? Rien. Ni ordinateur, ni reader d’ebook, ni tableau noir multimédia… seulement la douce voix du prof qui vous berce gentiment jusqu’à l’instant électrisant où elle vous interpelle par votre nom.

L’illustration ci-jointe date de 1910. Voici comment on imaginait l’école en l’an 2000 à l’aune du progrès, la religion de la Belle Epoque.

Mais en 2009, Charlemagne tient toujours la corde contre Bill Gates.

Au lieu d’un débat « pour ou contre les portables en classe », je propose : pour ou contre les élèves en classe.

Avec les technos dont on dispose déjà, ne peut-on imaginer un autre mode d’éducation des générations futures. Même les entreprises se tournent vers le « serious game » pour former leurs collaborateurs, sur un mode ludique.

Un tel mode d’apprentissage « parlerait » mieux à des jeunes, imbibés de jeux vidéo. L’avantage du jeu est qu’il prépare les élèves au changement continu et à la remise en cause permanente. Notre époque, quoi. En effet, tous les jeux sont basés sur des niveaux de progression, des changements de lieux, des règles mouvantes, l’entraide des joueurs en réseau, etc.

Dans l’école moderne, le prof pourrait avoir le rôle de coach, fin psychologue et bon généraliste, dans le cadre d’une responsabilité globale de son champion. Aujourd’hui, le prof d’anglais se moque bien du niveau en maths de ses élèves… ce n’est pas son problème.

L’Education nationale aurait peut-être moins la tentation de payer les élèves simplement pour venir en cours. On a soi-disant tout essayé. Oui, quelques mesures coercitives à deux balles, à peine efficace au siècle dernier.

Photo Villemard, 1910, BNF, Estampes

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