Rustique dans nos têtes ?

Le Rustique s’affiche actuellement dans le métro parisien, proclamant le « goût de l’authentique ». La composition de cette publicité ressemble une parodie du genre : un vieux paysan en arrière plan au milieu d’un champ de blé, une boite à camembert en bois tapissée d’un tissu à carreau, une calèche en guise de logo…

 

Oyez bonnes gens : plus c’est vieux, plus c’est bon ! Un vrai mot d’ordre dans l’alimentaire, tous produits confondus.

 

Pourtant, le Rustique sort d’une usine hyper aseptisée où l’on se promène vêtu de blanc de la tête au pied. J’imagine l’effet d’un reportage où l’on verrait s’affairer un tas de vieillards, en bleu de travail un mouchoir en tissu dépassant de la poche, avec des sabots crottés et des ongles noirs. Noirs de la bonne terre de nos terroirs, évidemment !

 

Je serais curieux de voir combien de gens auraient envie de goûter du vin écrasé avec les pieds. Des pieds de SDF au nom de la responsabilité sociale des entreprises. Tout le monde doit vivre, non ?

 

Et si la pub du Rustique jouait sur l’inconscient collectif de la peur de la modernité ? Une peur aussi irrationnelle que l’image archétypale et faussement idyllique d’un passé résolu. On fait semblant d’y croire, cela nous rassure. Tout va tellement vite, ma pauv’ dame.

 

 « Le nouveau avance masqué par l’ancien« , stigmatise Marc Giget, prof au Cnam. A quand un fromage proclamé du XXIème siècle aux nutriments adaptés à notre vie citadine et trépidante ?

 

Que pensez-vous de tout cela ?

 

Photo FG

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