L’innovation participative en pratique (1/3) : les acteurs clés

L’innovation participative est un nouveau mode de management qui vise à développer une culture de l’innovation dans l’entreprise par la valorisation de la créativité des salariés et la diffusion de bonnes pratiques.

Des outils informatiques spécifiques servent au recueil et traitement des idées (blog à idées ou SMI – Système management des idées).

Dans ce blog, trois articles vont détailler chacun des aspects fondamentaux de cette démarche : les acteurs clés, les challenges d’idées, les récompenses.

 

Commençons par les acteurs clés.

 

Avant tout, la direction doit affirmer solennellement sa volonté d’impliquer chacun dans un processus de management de l’innovation. Une façon de passer de la considération à la confiance vis-à-vis de ses collaborateurs.

 

Le succès de la démarche repose sur les épaules de trois types d’intervenants.

 

1 – Le « Champion » de l’innovation (issu des RH, de la Com’, de la Qualité, de la DG…)

 

Initier et stimuler l’innovation participative ne peut se concevoir sans le rôle actif d’un manager affecté à cette mission. Chacun se tourne vers lui pour tout type de question, car il est le garant du système, le « champion » de l’innovation.

 

Bienveillant, patient et passionné, il consacre tout ou partie de son temps de travail à animer cette démarche de progrès. Idéalement, il est entouré d’un réseau d’innov’acteurs qui seront ses relais, chacun dans son service respectif.

 

Le responsable Innovation, véritable VRP de l’intelligence collective, devra notamment :

 

– encourager la production d’idées : il faut savoir lever les réserves et les blocages.

– aider à la formalisation des idées : certains vont exprimer leurs idées sous forme de problème ou n’ont simplement pas accès à un ordinateur.

– assister les managers de proximité : que répondre dans certains cas ? où trouver telle expertise ? comment évaluer les coûts ?…

– animer des séances de créativité, à la demande des managers : il mettra à profit une formation aux techniques de créativité.

– veiller à la duplication des bonnes pratiques : une idée qui a fait ses preuves dans un service ou une filiale mérite peut-être un usage plus étendu dans l’entreprise.

– organiser les opérations événementielles (ex : cérémonie des trophées) : il est le partenaire du responsable de la communication interne pour la promotion et la valorisation.

– mesurer les performances du système par des indicateurs : délais de traitement, % d’idées acceptées, répartition des idées par service…

– administrer l’outil de management des idées (ex : blog à idées) : il dispose d’un accès particulier pour piloter le système, ajouter des paramètres, faire des stats…

– gérer son réseau d’innov’acteurs : le partage d’expériences est crucial en la matière

 

2 – Le manager de proximité (tout secteur, tout niveau)

 

Chaque entreprise organise le management des idées comme elle l’entend.

 

Dans la plupart des sociétés où l’innovation participative fonctionne avec succès, il revient au responsable hiérarchique direct (le n+1) de se prononcer sur la valeur des idées d’un subordonné.

 

Il incombe à ce « manager de proximité » de juger si une idée est digne d’application ou non, après avis ou expertise de tiers s’il le souhaite. Dans l’affirmative, il doit accompagner l’apporteur d’idée dans la mise en œuvre de sa solution.

 

On comprend que cette démarche interpelle particulièrement les managers qui assument le lien entre stratégie et tactique : cadres intermédiaires, chefs d’équipes et autres managers de proximité qui vont intégrer une autre dimension à leur fonction.

 

Il est recommandé d’intégrer la « performance créative » de leur équipe dans leurs critères d’évaluation de carrière. Par exemple, le nombre d’idées émises par leurs collaborateurs doit clairement faire partie de leurs objectifs.

 

Pour exercer son leadership créatif, le manager de proximité doit créer un climat favorable à l’éclosion des idées par un travail d’encouragement et de valorisation, jusqu’à organiser des séances de brainstorming.

 

A noter qu’une mauvaise idée peut-être l’occasion de déceler que son auteur ne comprend pas quelque chose dans son travail ou manque d’information.

 

Du travail en plus ? La gestion des idées permet à tout manager de trouver des voies nouvelles pour accomplir ses actions prioritaires, le conduit à améliorer les performances de son unité autant qu’à progresser personnellement.

 

A n’en pas douter, l’innovation participative induit un changement de culture qui donnera l’opportunité au chef d’équipe de renouer un dialogue constructif et motivant avec ses collaborateurs. Face à un problème, il commencera par demander : qu’est-ce que vous proposez ?

 

3 – Le responsable de communication interne

 

Etre créatif est un réflexe qui se perd vite ! Il faut communiquer en permanence pour entretenir le feu sacré. En premier lieu, il est utile de personnaliser la démarche d’innovation participative en lui donnant une identité : un nom, un logo, un vocabulaire commun ou encore en lui associant un personnage célèbre.

 

Le responsable de la communication peut ensuite décliner l’information sur tout support :

dépliants pédagogiques, affiches humoristiques, rubrique dédiée dans le journal interne, relance individuelle par email, brief aux nouveaux embauchés, témoignages vidéo sur Intranet, présentation PowerPoint dans les lieux de passage…

 

Les initiatives événementielles, tel que des animations sur le lieu de travail, s’avèrent efficaces. On peut imaginer des petits déjeuners créatifs ou des formations aux techniques de créativité. A noter qu’un séminaire est souvent propice à lancer officiellement une démarche d’innovation participative.

 

Faire connaître la démarche doit absolument se compléter par une communication régulière sur les bénéfices de l’opération, en publiant diverses statistiques (progression du nombre d’idées, évolution du taux de participation, gains économiques générés sur un an…) et en valorisant les auteurs des idées (interviews, storytelling, descriptif et photo des inventions…).

 

Au final, l’outil de gestion des idées doit se révéler comme un merveilleux outil de progrès, de mobilisation et de décloisonnement.

Photo Flickr de Tancread

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